Étudiants de l'École supérieure de danse contemporaine
CNDC Angers

© Barbara Morgan

Les étudiants du CNDC proposent au public de découvrir des solos emblématiques de la modernité en danse.

30 JAN  - 19:00 | Studio CNDC |Le Quai - Angers
31 JAN  - 17:00 - 19:00 | Studio CNDC |Le Quai - Angers
1 FÉV - 18:30 | Studio CNDC |Le Quai - Angers

Le temps fort constitue pour les étudiants de l’École une opportunité d’aborder des esthétiques différentes de la modernité en danse et d’interpréter des solos majeurs de cette période. Une occasion de comprendre la logique et les exigences de la composition soliste, d’entrer dans une autre corporéité, un imaginaire et une esthétique liés à un autre contexte historique.

En parallèle, un temps de recherche, de laboratoire et de création en vue de composer chacun leur solo fournit l’occasion aux étudiants de s’essayer à cette forme bien particulière.

Ils s’essayent ainsi, dans des programmes mêlant création et patrimoine, à « être aujourd’hui » tout en s’appropriant le passé.

 

À découvrir !

 

production Centre national de danse contemporaine - Angers

 

Amélie Berhault - Aqua bon ?..

musique : Aanipaa - Pan Sonic, Porc #1 - Moderat

Se mettre à l’épreuve. Avoir le goût du risque pour se laisser couler et remonter à la surface.
Je me jette à l’eau, lutte contre le courant, chavire et prends le large pour laisser apparaître le sillage du mouvement. Stop. C’est la goutte d’eau qui fait déborde le vase. Reprise. Un grincement laisse place à des bavures, des éclaboussures et tout devient vague. L’empreinte reste, on finit trempé, lessivé au point de se laisser dériver.

 

Valerie Bettis - The Desperate Heart

musique : Incidental music - Bernardo Segall
poème : John Malcolm Brinnin
première représentation le 24 mars 1943
notation Laban : Rose Anne Thom
la partition a été réalisée entre juillet 1973 et janvier 1976 à l‘occasion d‘une transmission par Valerie Bettis.
transmission d’après partition : Clémence Fulminet

The Desperate Heart a été créée en 1943 à New York par Valerie Bettis, danseuse et chorégraphe américaine, également connue comme actrice et danseuse de comédies musicales. Ce solo a été chorégraphié à partir d’un poème éponyme de John Malcolm Brinnin.

En tant qu’interprète, Valerie Bettis subjuguait par l’intensité de sa présence scénique, son sens inné du rythme et sa virtuosité. Elle fut élève et danseuse de Hanya Holm. Son travail de chorégraphe se focalisait essentiellement sur l’expression des sentiments individuels et Desperate Heart est l’un de ses solos les plus emblématiques. Elle y exprime avec intensité le désespoir et l’angoisse des femmes face au départ, à l’absence et à la perte des hommes partis à la guerre.

 

Lili Buvat - ? = une

musique : Trapshit V20 - UZ, Electric pow wow drum - A tribe call red

?     = une peut faire penser à l’incarnation d’un ovni tentaculaire accueillant des corps lisses, fripés, amputés, invisibles, chatoyants, maigres, durs, vieux ou sensibles. Dans une simplicité insaisissable, ils s’écrabouillent, s’amplifient, se renversent, se stabilisent ou se contredisent à l’intérieur d’un seul et même corps. Un corps terrestre morcelé et ruisselant. Un corps souterrain qui s’abandonne et se contracte dans ses propres méandres. Un corps aquatique qui tombe du ciel. Encore un corps qui fait écho, épineux et cru.
? = une parle de la complexité de la représentation du corps féminin au sein d’un seul et même corps et du sentiment d’être décousue, seule, traversée par plusieurs.

 

Ines Sofia Cardona Parra - Toucher le vide

musique : Alabao - Cantaoras

L’action est concrète et simple : une tâche, un défi. Mais qu’est-ce qu’elle pourrait évoquer ? Comment puis-je partager cette expérience ? Faire face à un chemin inconnu. Avancer avec la seule certitude d’être sur mes deux pieds. Sans repères, j’ai juste les traces qui restent à fleur de peau. C’est un appel à l’empathie, à l’implication de ceux qui regardent avec celle qui se déplace.

 

Renaud Dallet - Tentative de réponse à une commande

Le jeune auteur est confronté à un dilemme. S’il souhaite être reconnu par les réseaux institutionnels, il doit répondre à un certain nombre de critères. Cependant ne risque t-il pas de perdre son autonomie de création ?
Mais au fond, est-ce vraiment important ?
Mes recherches chorégraphiques s’appuient sur un travail en politique publique et en sociologie sur l’institutionnalisation de la danse. Les concepts et les terminologies utilisés dans ces domaines scientifiques pourraient bien être au cœur de ma démarche chorégraphique.

 

Noémie Defossez - Down Into The Rise

texte : Tombé hors du temps - David Grossman

Je relis un cours sur Bouddha.
Il définit le monde comme impermanent.
Tout change en nous comme autour de nous.
La durée s’altère et la danse vacille.
Le corps est comme porté par une énergie fluctuante.
Je voudrais exprimer la variation de ces états. À travers ce solo, me situer en parallèle ou faire écho aux changements.
Dans cette discontinuité, je m’intéresse particulièrement au répit momentané. À l’accalmie.
Un dépouillement qui dure quelques instants.
Un apaisement furtif qui disparaît contre mon gré.
Quelques parenthèses impassibles, brèves, glissées entre des mouvements contraires.
Et si cette quête ne rime à rien ?

 

Constant Dourville - Celui qui ne voulait pas grandir

Il y a plusieurs façons de jouer, une de manière choisie, presque élaborée, celle de l’adulte, ou de façon vitale et spontanée, celle de l’enfant.
Ce sont cette aisance et sincérité qui m’amusent, celles des enfants guidés par leurs pulsions et leurs intuitions. Loin de la réalité, presque inconscients, ils vivent dans un monde qui leur est propre, simple, naïf.
Ne pas grandir, continuer de jouer, de s’amuser, rester fasciné par la simplicité d’un objet, d’un cube, d’une balle, d’un « joué ». Celui qui ne voulait pas grandir est une recherche autour du jeu, de l’enfant, de l’amusement, de l’animé et du personnage.

 

Isadora Duncan - Water Study

musique : Valse de Graz n°12 op.D924 - Franz Schubert
première représentation en 1917
Transmission d’après partition : Elisabeth Schwartz

Isadora Duncan représente une figure essentielle de la danse moderne au début du XXe siècle. À la fois par son style de danse libre et fluide et par sa vie affranchie du poids des conventions sociales coercitives pour la femme, elle affirme l’expression de soi - émotions, désirs, aspirations. Désirant ne pas séparer son art et sa vie, elle puise les thèmes de ses danses dans ses expériences personnelles et les faits historiques qu’elle traverse, tels la guerre des Balkans, la révolution soviétique, l’affaire Sacco et Vanzetti.
L’expérience des grands espaces naturels en Californie, la contemplation des vagues dans son enfance, constituent, avec la Grèce antique, une grande source d’inspiration pour Isadora Duncan. Water Study avec ses différentes dynamiques - rythmes de ressacs, montée et descente, avancées et reculs précipités…-, fait écho à ces expériences fondatrices et témoigne de l’importance du rythme maritime dans le style de Duncan.

 

Isadora Duncan - Étude Révolutionnaire

musique : op.8 n°12 - Alexandre Scriabine
première représentation en 1921
Transmission d’après partition : Elisabeth Schwartz

Isadora Duncan, guidée par une foi inébranlable dans la démocratie et le progrès social, part à Moscou en 1921 pour fonder une troisième école de danse. Sensible aux injustices sociales, elle est persuadée que la danse doit se situer au cœur des mouvements de libération et ainsi participe à l’avènement de l’homme nouveau libre et d’une société égalitaire. Cette danse, Étude Révolutionnaire, digne de l’Agit-prop, est un manifeste, une harangue pour susciter l’adhésion aux idéaux de la révolution. Mais Isadora Duncan reviendra à Paris en 1923.

 

Kazuki FuJita - " Sans titre "

J’ai envie de mourir. Je murmure ces mots tous les matins quand je me réveille. C’est une parole inconsciente. Je me jette un maléfice… à moi-même. J’ai envie de mourir. Je dois retourner au Japon. Je n’ai pas de travail. Je ne gagne pas d’argent. Je ne danse pas bien. Je suis seul. Je ne parle pas bien français. Dans mon pays, je dois travailler pour gagner de l’argent. C’est impossible de travailler en tant que danseur. Je n’ai pas de diplôme particulier. J’ai vu une annonce d’emploi de Fukushima. J’imagine que je travaillerai là-bas. Cela peut être dangereux ? Je ne sais pas. Je préfère les produits bio. Pourquoi ? Parce que.

 

Estelle Garcia-Massiani - Quand je ne veux plus lire l’heure

musique (montage) : Fauve, Blizzard, Louise Roam, Oppning

Qui n’a jamais trouvé le temps long ? À l’inverse, qui n’a jamais souhaité qu’une seconde s’éternise ? Ces ressentis rythment nos vies différemment selon nos histoires.
Prendre le temps, perdre du temps, remonter le temps, tuer le temps, remplir le temps, s’extraire du temps, être hors du temps… Tant de paramètres qui organisent notre course contre la montre.
Ma perception du temps sous-tend la création de ce solo, lié à différents états d’âmes issus du quotidien, du néant à l’effervescence de l’être.

 

Xavier Gocel - Numbers

musique : Ran Bagno, Critical Pressure

1Tousse, 2 Tête, 3 Tennis, 4 Démon, 5 Tour, 6 Télé, 7 Tâche… Je rêve d’une ville sans lutte : 48 85 51. Le système Major est une méthode mnémotechnique destinée à faciliter la mémorisation des chiffres. Chaque chiffre correspond à un mot, chaque nombre à une histoire.
Numbers est le fruit d’un système d’écriture chorégraphique basé sur des suites de chiffres et ce qu’ils racontent. Le sens de l’ajustement que j’en ai fait part du postulat suivant : des chiffres dépendent aujourd’hui le succès, le pouvoir, l’influence, mais aussi la corruption, le vol, la violence, le mensonge. Nous évoluons dans une société basée sur l’obscurantisme du chiffre. Dans une société comme celle-ci, et dans cette chorégraphie, à quel endroit se trouve l’indépendance du mouvement, de l’identité, de la révolte et de l’autonomie ?
96 page, 97 pic, 98 baver, 99 pompier…

 

Hanya Holm - Ratatat 1 et 2

musique : Baby Dodds
costume : Sally Ann Parsons
première représentation le 17 février 1982 à New York
notation Laban : Ilene Fox
enseigné par Don Redlich (danseur à la création) pour Wei-Cheng Chen et Addison Hoffman dans le but d‘établir la partition Laban
transmission d’après partition : Claude Gamba

Ratatat est un ballet parade. Les danseurs marchent sur les percussions de la musique jazz de Baby Dodds.
C’est l’essence de toutes les parades évoquant la joie, la fierté et la splendeur. C’est aussi enjoué qu’une marche de cirque et aussi animé qu’un passage de régiment.

 

Dore Hoyer - Angst

musique : Dimitri Wiatowitsch
première représentation en 1962
notation Laban : Marie Greulich
d‘après une reconstruction (2004) par Dominique Brun à partir d‘un support vidéo
transmission d’après partition : Lina Schlageter

Dore Hoyer est une chorégraphe ayant pris part à ce que l’on appelle la deuxième vague de la danse expressionniste allemande. Elle s’y forme avec Gret Palucca et danse pour Mary Wigman durant plusieurs années. Elle interprète notamment le solo de l’Élue dans son Sacre. Considérée par Wigman comme « l’une des dernières grandes danseuses modernes », elle se démarque de ses pairs par un style intense, chargé dans l’énergie tout en s’engageant dans des formes gestuelles précises d’une expressivité abstraite. Ayant plus de reconnaissance en Amérique du Sud qu’en Allemagne, elle dit se sentir incomprise et ne pouvoir s’exprimer qu’à travers le mouvement. Affectée par une blessure au genou qui la contraint dans son travail et menace sa capacité à continuer de danser, elle met fin à ses jours en 1967.
Entre 1959 et 1962 Dore Hoyer crée le cycle Afectos Humanos, une série de cinq soli inspirée par la lecture de Spinoza. Ces soli tournent autour de cinq affections humaines parmi les 58 identifiées par le philosophe : La Vanité/L’Orgueil (Eitelkeit/Ehre), L’Avidité (Begierde), La Haine (Hass), L’Angoisse (Angst) et L’Amour (Liebe). Chacun de ces soli a une musique originale composée par Dimitri Wiatowitsch, jouée à la percussion et/ou au piano.
Angst est l’avant-dernier solo du cycle. Ce cycle de danses a fait l’objet de plusieurs réinterprétations et été à l’origine de créations de chorégraphes contemporains dont Susanne Linke, Martin Nachbach, et plus récemment Paula Pi.

 

Nelly Hyvert - Syn Haptein

musique : Advaitic songs - Om

La mémoire est un système dynamique en perpétuelle reconfiguration. La plasticité du souvenir est un mécanisme inconscient qui affecte nos comportements, nos habitus corporels enfouis.
L’empreinte physique du souvenir se dépose en amas d’humeurs qui se forment en quelques endroits du corps. Créer, défaire, réorganiser. Établir de nouvelles jonctions entre des circuits interconnectés.
Réagir à l’influx nerveux des signaux échangés.
Tel est l’enjeu d’un processus insaisissable qui raisonne et déraisonne l’intensité discrète de nos accoutumances secrètes.
Syn Haptein est la conversion synaptique des souvenirs oubliés mais incorporés.

 

Kurt Jooss - La Table Verte

musique : Frederic Alexander Cohen
costume : Sally Ann Parsons
première représentation le 3 juillet 1932 au théâtre des Champs-Elysées, à Paris, à l’occasion du concours des Archives internationales de la danse.
première notation Laban de Ann Hutchinson (1938) revue et corrigée, à partir de 1971, par Diana Baddeley, puis, à partir de 1977, par Muriel Topaz suivie par Charlotte Wile et finalement par Gretchen Schumacher, Jane Marriett et Odette Blum, pour les toutes dernières corrections dans les années 1980.
première notation réalisée à partir des interprétations du Ballet Jooss (1938).
les notes de Diana Baddeley ont été faites à partir des répétitions du Tanz-Forum, Köln (1971).
les relectures et corrections suivantes ont été réalisées lors des transmissions à la José Limón Dance Company (1977), au Hartford Ballet et au Joffrey Ballet (1981).
les dernières corrections ont été effectuées à la suite de la transmission d’Odette Blum, à partir de la partition en Labanotation, pour la classe de répertoire de l’Ohio State University (1985-1986).
transmission d’après partition : Vincent Lenfant

Kurt Jooss compte parmi les chorégraphes les plus importants du XXe siècle. Élève puis collaborateur de Rudolf Laban, il commence à composer des œuvres chorégraphiques dans les années 1920. Il s’installe en 1927 à Essen où résideront sa compagnie et son école, la Folkwangschule (d’où sortira notamment Pina Bausch). Avec Sigurd Leeder, il fonde une technique et une pédagogie qui héritent, pour une part, des pratiques et concepts labaniens (tel que l’Eukinetique ou la Choreutique) et, d’autre part, du vocabulaire classique.
Pour le premier concours des Archives internationales de la danse de 1932, Kurt Jooss présente La Table verte qui remporte un franc succès et obtient le premier prix du jury. Depuis plusieurs années, Kurt Jooss désirait composer une danse macabre inspirée de l’iconographie médiévale (notamment la Lübecker Totentanz). De plus, sa lecture des articles de Kurt Tucholsky et Carl von Ossietzky, qui paraissent dans le magazine Die Weltbühne et qui alertent sur une potentielle nouvelle guerre, l’oriente vers un message pacifiste.
Les soli présentés sont la Mort et le Profiteur. Le solo de la Mort fait suite à la première scène des Gentlemen in black (hommes politiques ou d’affaire) qui, autour d’une table verte, discutent et négocient. Leurs échanges finissent par une confrontation d’où chacun sort un pistolet qu’ils utilisent pour tirer un coup de feu annonçant la guerre. La mort, forte et omnipotente, surgit alors. Le solo du Profiteur clôture la scène de la bataille. Il entre dans un champ rempli de cadavres qu’il observe avec discrétion pour leur dérober des biens de valeur.

 

Marion Jousseaume - Avoir lieu

musique : The Growing - The Haxan Cloak

Présence d’un corps. Un corps dans un espace vide. Un espace vide. Vide. Un corps dans un espace vide délimité par des murs. Obstacle. Apparition d’un son. Il percute le mur qui le réfléchit et déclenche la résonance. Répétition d’un son. Un son qui se propage à l’endroit même où il a eu lieu. Ici naît l’écho. L’écho multiplie. Il répète, mais ne répète pas tout. L’écho répète chaque fois moins. Chaque fois plus brièvement jusqu’à semer le trouble. Vous le percevez toujours ? Plus rien, il n’est plus. Disparition d’un son. L’écho répète, s’altère, s’essouffle. Avoir lieu s’empare de ce phénomène, il s’agit pour le corps de s’imprégner des états de propagation, de répétition et d’altération. Jouer avec la disparition progressive d’un geste, un geste qui apparaît et en entraîne un autre. S’imaginer l’obstacle, aller vers, lui adresser un geste aussitôt renvoyé, multiplié, déformé.

 

Kiduck Kim - Dictionnaire des animaux fantastiques

Il s’agit d’une collection ordonnée d’animaux fantastiques s’organisant à la manière d’un dictionnaire. Celui-ci répertorie les êtres vivants discriminés dans notre réalité.
Ces êtres étranges proches des monstres, des fées ou des esprits suscitent notre curiosité par leurs différences.
Autant d’apparitions oniriques dont on tentera de révéler l’identité par l’exploration des détails qui les constituent.

 

Jean Lesca - PQ

musique : Fantasiestücke op.73 - Robert Schumann

PQ revisite propositions moderne et post moderne, il rallie le corps à l’objet et propose un solo en forme de jeu satirique. Clin d’œil aux grands noms de la danse tels que Oskar Schlemmer ou Lucinda Childs, autant que regard sur les enjeux de la danse contemporaine, PQ réunit chorégraphie d’objets et ironie critique d’une danse qui se questionne, qui s’affirme.

 

Adrien Lichnewsky - Collision

musique : Voluspa - Wardruna
costume : Adrien Lichnewsky

Un choc, un état de corps, une humeur, un regard, s’exprimer...
Dans Collision, le terme n’est pas utilisé au sens propre mais comme un appui imaginaire pour créer différentes façons de bouger, un facteur déterminant pour déclencher un changement radical de motricité.
Collision, c’est aussi le souvenir réactivé d’un choc corporel qui a suivi un traumatisme personnel.

 

Mathéa Rafini - Les vents souffleront

musique : Headphonics - Ryoji Ikeda

Épuiser un corps. Le vider de toute ressource, de toute énergie. L’affaiblir, le rendre instable et le laisser s’abandonner à l’extrême fatigue. Il devient alors fragile et vulnérable, exposé à ce qui ne dépend pas de lui, à quelque chose qu’il ne peut plus maîtriser.
« L’épuisement physique a ce don de nous anéantir, de nous plonger dans une ivresse où se brouillent toutes les notions ». Rex Desmarchais

 

Mary Anne Santos Newhall - Hexetanz - La Danse de la Sorcière
d‘après Mary Wigman

musique : Nicolas Gorge
première représentation en 1926 (deuxième version)
sur une partition de Candice Thomas (2015), écrite pendant une transmission de Mary Anne Santos Newhall aux élèves du CNSMDP en février 2015.
transmission d’après partition : Blandine Brasseur

Mary Anne Santos Newhall est professeur de danse à l’université du Nouveau-Mexique, elle est également le directeur de recherche du département « Dance Legacy institute » à l’université de Brown. Comme historienne de la danse, elle se consacre à l’exploration, à l’animation et à la préservation des premières racines modernistes et expressionnistes de la danse et a recréé et interprété des pièces de danse historiques et contemporaines en tant que soliste invitée pour la Martha Graham Dance Company, Ausdruckstanz Dance Theater et d’autres entreprises nationales et internationales.
Ce solo est le résultat de 20 années de recherche, d’investissement personnel. Grâce à des photos, peintures et témoignages, Mary Anne Santos Newhall propose cette recréation. Hexentanz est une danse « d’expression, conjuguant extase et sacrifice ». Ce solo se situe entre figures de la sorcière et de la grande prêtresse.

 

Anna Sokolow - Panic
extrait de Room

musique : Kenyon Hopkins
première représentation en 1955
notation de Ray Cook d’après la transmission d’Anna Sokolow au Anthony Dance Compagny en 1972.
transmission d’après partition : Blandine Brasseur

Anna Sokolow a commencé sa carrière dans la Graham Dance Company où elle assistait Louis Horst. Pendant cette même période, elle monte sa propre compagnie, la WPA dance unit, dans laquelle elle commence à travailler sur l’intérêt qu’elle porte à la conduite humaine, à ses sentiments. En 1939, elle débute une collaboration avec le Mexique, au collège des Beaux-arts et avec Israël. Elle co-fonde l’Actors’ Studio en 1947 et enseigne à la Julliard School où elle développe sa Method dancingentre entre 1958 et 1993.
Panic est un solo extrait de Room d’Anna Sokolow. La chorégraphe, en partant d’une recherche avec des comédiens, traite de la solitude dévastatrice des gens habitant dans une grande ville et de la non-communication les uns avec les autres.
Un homme, frappé de panique, implore d’être rassuré, mais il n’est confronté qu’à la froideur et au silence des personnes à qui il a fait appel.

 

Tonin Sourjac - X

musique : The Cold Song - Klaus Nomi

Oser. Se dépasser…
En sommes-nous capables ? Comment franchir ces barrières que l’on s’inflige au quotidien ? Comment passer outre/surmonter cette pudeur ?
Et si, une personne pour qui l’autocensure n’existe pas, se dévoilait à nous ? Et si la pudeur ne l’effrayait pas ?
Si incarner une autre personne nourrit de sensualité et d’érotisme lui permettait de se dépasser ?
Où se situerait la limite entre le réel et l’irréel ? Comment pourrions-nous séparer le vrai du faux ?
Et si se poser ces questions ne rimait à rien ?

 

Julia Vercelli - Ilithye

musique : Fado Português - Amália Rodrigues

«Naître, s’agiter, disparaître, c’est là le drame éphé-mère de la vie humaine. » Henri Frédéric Amiel
Éclore, faire émerger de soi une chose inattendue et inconnue. Débuter, être interrompu puis abandonner. Faire naître un geste appartenant à des sensations antérieures. Percer. Ilithye interroge différentes naissances auxquelles est confronté l’être humain. En quelques sortes, le cheminement de l’individu face aux opportunités de la vie.

 

Violette Vinel - À côté

musique : Release me - Tiger Lillies

«Imaginez (...), votre esprit ressemble à présent à une pièce ou vingt postes de radio, tous réglés sur des stations différentes, vomissent une cacophonie de voix et musiques entremêlées ». Josef Schovanec
Projetez-vous dans un corps, contraint, agité, parfois même violent. Un corps submergé d’informations, qui peine parfois à se situer.
Considérez vos pensées, que l’on tente sans cesse de « corriger », pendant que des paroles lointaines et inintelligibles s’échouent sur un îlot de votre conscience.
On vous somme de rejoindre la rive, le pouvez-vous seulement ?... Et ce, immédiatement ?
Ouvrons une fenêtre sur ce monde, dont l’essentiel nous est invisible, dont les règles du jeu sont autres.

 

Paul Warnery - ...L’Ombre d'une mouche

musique : Busy - Ibrahim Maalouf

Si je vous disais que je m’ennuie et que je souhaite trans-crire cela par une danse... Seriez-vous venus me voir ?
Je tente cependant l’expérience de la salle d’attente, dans un espace plus intime. Des petits détails... ponctués d’essais-erreurs qui me font chuter à différents niveaux. Tomber dans l’ennui quotidien mais oser danser. Il n’y a peut-être aucune explication, juste des pistes de compréhension incompréhensibles... pourtant sensées... censées vous éclairer.